Lyndon Baines Johnson.
Lyndon Baines Johnson.

 

 

  Un certain nombre de personnes pensent aujourd'hui que Lyndon Johnson, vice-président de Kennedy qui lui succéda le jour même de sa mort, pourrait être le principal organisateur de l’assassinat. Malheureusement, cette hypothèse fait fortement perdre de leur crédibilité aux théoriciens du complot : en effet, des hommes, si nombreux qu’ils soient, qui se mettent à accuser un président des États-Unis de meurtre ? Ils ne sont pas sérieux ?!

  Rappelons une chose essentielle : jusqu’à preuve du contraire, le grade diplomatique n’est pas une raison valable pour poser une auréole sur la tête de l’intéressé.

  Deuxième remarque : la réponse à la question "à qui profite le crime ?" est vite trouvée.

 

 

  Tout d'abord, précisons que le bonhomme n'avait pas les mains propres : au moment de l'assassinat, des enquêtes criminelles étaient en cours à son sujet pour trafic d'influence, détournement de fonds, blanchiment d'argent et corruption. Beau curriculum vitae. Ces enquêtes s'arrêtèrent au moment où il accéda à la présidence.

  Concernant les éléments propres à l'assassinat, il faut savoir que, sur l’ordre même de Johnson, la limousine présidentielle fut immédiatement lavée et réparée après l’assassinat, ainsi que les vêtements de Connally ! En ordonnant cela, LBJ interdit l’accès à deux des pièces à conviction les plus importantes et, surtout, empêche définitivement l’examen de preuves capitales. A-t-on déjà vu pareille pratique, surtout dans l’assassinat d’un président ?

 

Johnson et Kennedy.
Johnson et Kennedy.

  On remarquera également l’étrange réaction de Johnson quelques minutes avant qu’Oswald ne décède des suites du coup de feu tiré par Ruby. Alors que les médecins de Parkland tentaient désespérément de soigner ce dernier, Johnson appela l’hôpital (la chef opérateur téléphonique reconnut instantanément la voix du nouveau président) et demanda à être mis en relation avec la salle des urgences où Oswald agonisait. Ce fut le docteur Charles Crenshaw qui décrocha. Johnson lui demanda d’obtenir une confession d’Oswald, avant qu’il ne meure.


  En outre, Johnson eut à nouveau un comportement pour le moins suspect alors qu'il se trouvait à bord d'Air Force One, juste après avoir prêté serment.


  L'homme que vous voyez à l'extrême gauche est le congressiste Albert Richard Thomas, un texan pure souche de même que Johnson.

  Pour ceux qui n'ont rien remarqué d'anormal, précisons ce qui l'est : comment ne pas être intrigué par ce clin d'œil et cet air ravi de Thomas à l'encontre de son vieil ami LBJ, que l'on imagine d'ailleurs en train de répondre par un grand sourire ? Doit-on interpréter cela comme une éventuelle touche de réconfort du type "C'est horrible, mais vois le bon côté des choses, tu es le nouveau président !". Franchement, le visage de Thomas semble dire tout sauf cela. Il se rapproche beaucoup plus pour moi d'un "On l'a fait, we did it !".

 

 

  C’était un secret de Polichinelle, Lyndon Johnson n’a jamais pu supporter les frères Kennedy. Il n'avait que mépris pour John (il l'appelait régulièrement "le gamin" ou "le petit". Au cours d'un entretien avec le journaliste Peter Lisagor, il qualifia JFK de "petit maigrichon rachitique". Il ajouta : "Avez-vous vu ses chevilles ? Elles sont à peu près comme ça", en joignant le pouce et l'index).

  En outre, il était obsédé par le pouvoir : il ne supportait pas la vice-présidence (la journaliste de télévision et confidente de Johnson Nancy Hanschman écrivit que LBJ lui avait "juré une dizaine de fois, à l'antenne et en privé, qu'il n'accepterait jamais la vice-présidence."). Il accepta cependant le poste, qui lui permit d'accéder à la présidence le 22 novembre 1963 (auparavant, il aura adressé à Clare Booth Luce – ex-ambassadrice des États-Unis en Italie sous Einsenhower et membre du Congrès – cette phrase qui fait froid dans le dos : "J'ai vérifié, Clare : un président sur quatre est mort au cours de son mandat. Je suis un joueur, ma chérie, et c'est mon unique chance.").

 

  Si son implication dans l’assassinat de JFK peut être sérieusement envisagée, l’homme a jusqu’à la fin de sa vie (22 janvier 1973) tenté de masquer son éventuelle culpabilité de manière plus ou moins honnête. On ne comprend pas par exemple qu’il ait interdit, « pour des raisons de sécurité nationale », à CBS News de diffuser certains passages de l’interview qu’il avait accordé à la chaîne de télévision en septembre 1969 (alors qu'il n'était plus président) à propos de l’affaire Kennedy. En effet, on ne voit pas qu’est-ce qui pourrait compromettre ladite sécurité vu que, si l’on s’en remet à la version officielle, un fou solitaire a tiré sur le président : l’histoire s’arrête là, il n'y a rien à ajouter, donc, a fortiori, rien à cacher. Pourtant, Johnson ne se conforme pas à cette dernière évidence. Pourquoi ? C'est une question rhétorique.

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Commentaires : 9
  • #1

    Véritéoblige (dimanche, 18 septembre 2011 14:24)

    La maîtresse de Johnson Madeleine Brown a avoué avant sa mort que son amant avait été l'instigateur de l'assassinat de Kennedy.
    Un sombre individu ce Johnson.

  • #2

    Kowalski1987 (mercredi, 29 août 2012 07:55)


    Lorsque l'on cherche on comprend que Kennedy fut assassiné à cause d'une loi qu'il a annulé, cette loi stipulé que le gouvernement USA ne pouvait imprimer sa propre monnaie sans devoir emprunté a des banques privés avec intérêt.

    Un siècle plus tôt, le président Lincoln c’était fait assassiné en annulant cette loi également...
    Regardé le discours de Kennedy sur youtube en tapant: le président qui disait la vérité, incroyable et pourtant c’était un discours officiel.

    (En France le président Valéry Giscard d'Estaing à également fait voté cette loi. C’était avant le directeur de la banque Rothschild)

  • #3

    redux (jeudi, 27 septembre 2012 03:20)


    il faut parler des confessions de cliff carter son bras droit juste quelques heures avant de mourir,la conversation fut enregistrée par billy sol estesc et ecouté par un journaliste

  • #4

    redux (jeudi, 27 septembre 2012 03:29)

    et surtout de la déclaration de sol estès au grand jury en 84

  • #5

    atakor (samedi, 28 décembre 2013 20:11)

    Concernant Johnson je suis sceptique ,qu'il est était mis au courant par l'entremise d'un ami qu'il se préparait quelque chose contre Kennedy certainement ,mais de la a le voir en tête de cet assassinat je n'y crois pas un instant et il me semble qu'il a demandé a Hoover si lui-même avait été visé dans cette affaire par contre les balles il les a entendu siffler... Un homme averti en vaut deux

  • #6

    Richard (mardi, 08 avril 2014 12:01)

    Qui voulait être "Vizir"?
    Qui était le maitre de Dallas (sa ville) ?
    Qui était ami avec "Wallace"?
    Qui connaissait le voyage et le parcours du cortège?
    Qui détestait JFK?
    Qui est intervenu directement dans l'enquête?
    Qui à été soupçonné (à mot couvert) comme commanditaire par Jackie?
    Je ne trouve qu'une réponse ... LBJ

  • #7

    Francis (dimanche, 04 mai 2014 22:29)

    La raison pourquoi l'entrevue a été déclaré comme dangereuse pour la sécurité nationale, c'est parce que Johnson avouait dedans que les Kennedy étaient en train de travailler à assassiner Castro

  • #8

    Vincent (dimanche, 05 février 2017 16:11)

    J'ai toujours détesté Johnson, ce gars affable de pouvoir qui voulait absolument le poste ...
    Pour moi, il n'y a aucun doute avec cette fameuse photo (dans l'article d'ailleurs) ou on le voit très clairement sourire tandis que son comparse lui fait un clin d'oeil, avec la pauvre Jackie juste à côté ...

    Une honte !
    Est-ce vraiment lui ? J'en sais trop rien (j'ai 28 ans) mais en tout cas il n'inspire rien de bon.

    vincentm_1988@live.be

  • #9

    J.P. Liegeois (lundi, 14 août 2017 14:09)

    Le rôle de LBJ dans l'assassinant de JFK reste entouré d'un certain mystère.
    Si la thèse d'Oswald en tant qu'assassin déséquilibré et agissant seul fait partie du folklore depuis longtemps, si le rôle déterminant des parrains mafieux Carlos Marcello, Santo Trafficante et Sam Giancana (via son lieutenant Johnny Rosselli) n'est plus discutable, si celui d'éléments de la CIA impliqués dans des projets d'assassinat de Castro non soutenus par la Maison Blanche et travaillant depuis des années avec la mafia (Hunt, Morales, Atlee Phillips...) est reconnu, l'influence de LBJ est moins claire.
    A-t-il le pédigrée pour tremper dans un complot de cette ampleur ? Assurément. C'est un homme de réseau, devenu sénateur par le trucage électoral et tirant d'innombrables ficelles au sein du sénat. Il est poursuivi pour de nombreux faits délictueux. Certaines personnes de son entourage proche comme Billie Sol Estes, Cliff Carter et Mac Wallace sont des malfaiteurs ou des assassins.
    A-t-il des motifs ? Certainement. Les actions juridiques contre lui, menées par les équipes de RFK, sont proches de leur conclusion. Fin 1962, il sait que sa carrière et sa liberté ne sont plus qu'une question de quelques mois. Il est totalement écarté de la vie politique par le duo JFK-RFK et ne réside même plus à Washington. Enfin, ils sait qu'il ne fera pas partie de l'équipe de JFK pour la toute proche campagne électorale. Pour un narcissique pathologique dévoré d'ambition comme LBJ, la pilule doit être très amère.
    Des éléments pointent-ils vers lui ? Oui, plusieurs. Jack Ruby le cite immédiatement comme commanditaire. Pour couvrir son patron Marcello ? Peut-être. Une de ses maîtresses l'implique directement, et pas pour en tirer des avantages financiers sous forme de livre ou autre reportage sensationnel. Seulement pour se venger d'un ex-amant ? Peut-être. E. Howard Hunt, officier de la CIA impliqué jusqu'au cou tant dans l'affaire JFK que dans les complots anti-castristes et le Watergate, l'incrimine directement sur son lit de mort, dessinant un organigramme clair des responsabilités dans l'attentat de JFK. Pour que son fils puisse faire de l'argent avec ses déclarations ? Peut-être. Alors que les autres personnalités et leurs épouses sont occupées à saluer la foule quand le cortège prsidentiel débouche sur Dealey Plazza, LBJ se tasse dans le fond de sa voiture. Il dira que c'est pour écouter une radio qui l'informe de la situation. N'est-ce pas plutôt parce qu'il sait que, dans quelques secondes, le plomb va voler et qu'il vaut mieux éviter les balles perdues (dieu sait s'il y en a eu !) ? Le Secret service a bâclé sa mission de protection de a à z à Dallas, créant une véritable référence de ce qu'il ne faut pas faire. Soudaine incompétence ou instructions "venant d'en haut" ? Et qui est "en haut" ? Le Secret Service toujours se rend coupable de multiples exactions visant à orienter les conclusions d'autopsie loin de la réalité, et cela immédiatement après l'assassinat. C'était de toute évidence orchestré par quelqu'un qui peut commander ce Secret Service. Qui peut le faire ? LBJ, juste après sa prestation de serment dans l'avion Air Force One, adresse un signe de connivence au sénateur texan, très joyeux, qui est à côté de lui. Hasard, mauvaise interprétation des images ? Peut-être...
    Bref, au total, cela fait un nombre considérable d'éléments qui pointent vers une implication sérieuse de LBJ dans le meurtre de JFK. Il n'y a pas de preuve absolue, mais comment imaginer qu'il puisse y en avoir une ? Il est bien évident qu'un vice-président intervient en amont de l'évènement, pas en maniant un fusil ! Sur le simple aspect statistique, on peut dire qu'il est probable que LBJ ait participé à la chose. Fût-il, comme certains l'affirment, le chef de gare qui a sifflé le départ du train, ou fût-il un simple passager s'embarquant par opportunisme pour une aventure dont il a évidemment vent et dont l'aboutissement lui serait éminemment profitable ? A ce stade, il n'est pas possible de le dire.