Le 29 novembre 1963, soit sept jours après l’assassinat de Kennedy, le nouveau président américain Lyndon Johnson, vice-président de JFK, crée la Commission Warren, et la charge d'enquêter sur le drame.

  Présidée par Earl Warren (1891 - 1974), alors président de la Cour suprême des États-Unis, elle est composée des membres suivants :

 

  • Gerald Ford (1913 - 2006), élu républicain du Michigan (et futur président des États-Unis).
  • Hale Boggs (1914 - 1972), élu démocrate de Lousiane.
  • Richard Russell Jr. (1897 - 1971), sénateur démocrate de Géorgie.
  • John Sherman Cooper (1901 - 1991), sénateur républicain du Kentucky.
  • John Jay McCloy (1895 - 1989) ancien directeur de la Banque mondiale.
  • Allen Welsh Dulles (1893 - 1969), ancien directeur de la CIA licencié par JFK après le désastre de la Baie des Cochons.

 

  S'ajoutent à ceux-là 400 conseillers, aides et assistants.

 

De gauche à droite : Gerald Ford ; Hale Boggs ; Richard Russell Jr. ; Earl Warren ; John Sherman Cooper ; John McCloy ; Allen Dulles ; James Lee Rankin.
De gauche à droite : Gerald Ford ; Hale Boggs ; Richard Russell Jr. ; Earl Warren ; John Sherman Cooper ; John McCloy ; Allen Dulles ; James Lee Rankin.

 

  La Commission enquêtera pendant 10 mois, auditionnant 552 témoins pour des dépenses s'élevant à 10 millions de dollars. Elle remettra son rapport final de 888 pages au président Johnson le 24 septembre 1964, rendu public trois jours plus tard. Ce rapport sera complété par 26 volumes d'annexes (témoignages, pièces à conviction...) pour un total de 16 000 pages.

  La Commission Warren arriva aux conclusions suivantes (traduction du rapport officiel) :

 


CONCLUSIONS

 

  "La Commission a été créée pour vérifier les faits liés aux évènements résumés précédemment et pour étudier les importantes réflexions qu'ils ont suscitées. La Commission s'est consacrée à cette tâche et est arrivée à des conclusions basées sur toutes les preuves disponibles. Aucune restriction n'a été fixée sur l'enquête ; [la Commission] a mené sa propre enquête, et toutes les agences gouvernementales se sont pleinement acquittées de leurs obligations en coopérant avec la Commission dans le cadre de son enquête. Ces conclusions sont le fruit d'un jugement raisonné de la part de tous les membres de la Commission et sont présentées à la suite d'une enquête qui a convaincu la Commission qu'elle a établit la vérité concernant l'assassinat du président Kennedy dans la mesure où des recherches approfondies ont rendu cela possible.


1  Les coups de feu qui tuèrent le président Kennedy et blessèrent le gouverneur Connally furent tirées depuis la fenêtre à l'angle sud-est du cinquième étage du Texas School Book Depository. Cette conclusion se base sur les éléments suivants :


(a) Des témoins de l'assassinat ont vu un fusil en train d'être utilisé pour tirer depuis le cinquième étage, et certains témoins ont vu un fusil à la fenêtre juste après que les coups de feu aient été tirés.

(b) La balle pratiquement intacte retrouvée sur le brancard du gouverneur Connally à l'hôpital Parkland Memorial et les deux fragments de balle retrouvés sur le siège avant de la limousine présidentielle ont été tirés par le Mannlicher-Carcano 6,5 mm retrouvé au cinquième étage du dépôt de livres, toute(s) autre(s) arme(s) étant exclue(s).

(c) Les trois douilles utilisées retrouvées au cinquième étage près de la fenêtre à l'angle sud-est du bâtiment ont été tirées par le même fusil que celui qui tira la balle et les fragments décrits ci-dessus, toute(s) autre(s) arme(s) étant exclue(s).

(d) La surface intérieure du pare-brise de la limousine présidentielle a été frappée par un fragment de balle, qui ne l'a pas cependant pas pénétrée.

(e) La nature des blessures par balles retrouvées sur les corps du président Kennedy et du gouverneur Connally, ainsi que la position de la voiture au moment des coups de feu montrent que les balles ont été tirées depuis un endroit en hauteur et derrière la limousine présidentielle, atteignant le président et le gouverneur comme suit :

 

1) Le président Kennedy a d'abord été touché par une balle qui pénétra dans le bas de son cou et ressortit par la partie basse de l'avant de son cou, occasionnant une blessure qui n'aurait pas été forcément mortelle. Le président a été touché une seconde fois par une balle pénétrant dans la partie arrière droite de sa tête, occasionnant une blessure massive et mortelle.

2) Le gouverneur Connally a été touché par une balle qui pénétra dans la partie droite de son dos. Cette balle s'inclina pour ressortir par le dessous du mamelon du gouverneur. Elle traversa ensuite son poignet droit et pénétra dans sa cuisse gauche où elle occasionna une blessure superficielle.

 

(f) Il n'existe aucune preuve tangible permettant de montrer que des coups de feu ont été tirés depuis le Triple Underpass, à l'avant du cortège, ou de tout autre endroit.

 

 

2 – Le poids des preuves indique que trois coups de feu furent tirés.

 

 

– Bien qu'il ne soit pas nécessaire de déterminer quel coup de feu atteignit le gouverneur Connally pour fonder les conclusions de la Commission, des preuves particulièrement convaincantes avancées par des experts indiquent que la balle qui traversa la gorge du président occasionna également les blessures du gouverneur. Cependant, le témoignage du gouverneur Connally et certains autres facteurs ont donné naissance à des divergences d'opinions concernant cette propabilité, mais il est indiscutable d'après les membres de la Commission que tous les coups de feu qui occasionnèrent les blessures du président Kennedy et du gouverneur Connally ont été tirés depuis la fenêtre du cinquième étage du Texas School Book Depository.

 

 

– Les coups de feu qui tuèrent le président Kennedy et blessèrent le gouverneur Connally ont été tirés par Lee Harvey Oswald. Cette conclusion se base sur les éléments suivants :

 

(a) Le fusil italien Mannlicher-Carcano 6,5 mm qui servit à tirer les coups de feu appartenait à Oswald et était en se possession.

 

(b) Oswald a amené ce fusil avec lui au dépôt de livres le matin du 22 novembre 1963.

 

(c) Au moment de l'assassinat, Oswald se trouvait à la fenêtre d'où les coups de feu furent tirés.

 

(d) Peu après l'assassinat, le Mannlicher-Carcano appartenant à Oswald a été retrouvé partiellement dissimulé entre des cartons au cinquième étage et le paquet improvisé dans lequel Oswald avait amené son fusil au dépôt de livres a été retrouvé tout prêt de la fenêtre d'où les coups de feu furent tirés.

 

(e) En se basant sur les témoignages d'experts et leurs analyses des films de l'assassinat, la Commission a conclu qu'un tireur possédant les capacités de Lee Harvey Oswald pouvait avoir tiré les coups de feu dans l'intervalle de temps de la fusillade avec le fusil utilisé lors de l'assassinat. De plus, la Commission a conclu qu'Oswald possédait les capacités pour tirer avec un fusil lui permettant de commettre l'assassinat.

 

(f) Oswald a menti à la police après son arrestation concernant des faits essentiels.

 

(g) Oswald a tenté de tuer le major-général Edwin A. Walker (retraité de l'armée américaine) le 10 avril 1963, démontrant ainsi sa tendance à prendre la vie humaine.

 

 

5 – Oswald a tué l'agent de police de Dallas J.D. Tippit approximativement 45 minutes après l'assassinat (du président). Cette conclusion confirme celle selon laquelle Oswald tira les coups de feu qui tuèrent le président Kennedy et blessèrent le gouverneur Connally, et est cautionnée par les éléments suivants :

 

(a) Deux témoins oculaires ont assisté au meurtre de Tippit et sept témoins oculaires ont entendu les coups de feu et ont vu le tireur s'enfuir, son revolver à la main. Ces neufs témoins oculaires ont formellement identifié Lee Harvey Oswald comme étant l'homme qu'ils avaient vu.

 

(b) Les douilles retrouvées sur la scène de crime ont été tirées par le revolver en possession d'Oswald au moment de son arrestation, toute(s) autre(s) arme(s) étant exclue(s).

 

(c) Le revolver en possession d'Oswald au moment de son arrestation a été acheté par Oswald et lui appartenait.

 

(d) La veste d'Oswald a été retrouvée sur le chemin emprunté par tireur tandis qu'il fuyait la scène de crime.

 

 

6 – 80 minutes après l'assassinat (du président) et 35 minutes après le meurtre de Tippit, Oswald résista à son arrestation en tentant d'abattre un autre agent de police de Dallas.

 

(...)

 

– La Commission est arrivée aux conclusions suivantes concernant le meurtre d'Oswald par Jack Ruby le 24 novembre 1963 :

 

(a) Ruby est entré dans les sous-sols du département de la police de Dallas peu après 11h17 et a tué Lee Harvey Oswald à 11h21.

 

(b) Bien que les preuves sur la manière dont Ruby est entré ne sont pas concluantes, le poids des preuves indique qu'il a descendu la rampe reliant Main Street aux sous-sols du départementde police.

 

(c) Il n'existe aucune preuve venant confirmer la rumeur selon laquelle Ruby aurait pu bénéficier de la complicité d'un membre du département de police de Dallas pour assassiner Oswald.

 

(...)

 

 

– La Commission n'a trouvé aucun élément prouvant que Lee Harvey Oswald ou Jack Ruby faisaient partie d'une conspiration, intérieure ou étrangère, pour assassiner le président Kennedy. Les raisons de cette conclusion sont :

 

(a) La Commission n'a trouvé aucun élément prouvant qu'Oswald avait été aidé dans l'organisation ou la réalisation de l'assassinat. À cet égard, elle a minutieusement enquêté, parmi d'autres facteurs, sur les circonstances entourant le choix du trajet dans Dallas, l'embauche d'Oswald au Texas School Book Depository le 15 octobre 1963, la méthode employée pour amener le fusil à l'intérieur du bâtiment, la disposition des cartons de livres à la fenêtre, la fuite d'Oswald et les témoignages de témoins oculaires de la fusillade.

 

(b) La Commission n'a trouvé aucun élément prouvant qu'Oswald était impliqué avait une quelconque personne ou un quelconque groupe dans une conspiration visant à assassiner le président Kennedy, bien qu'elle ait minutieusement enquêté sur toutes les facettes des relations d'Oswald, de ses finances et de ses habitudes personnelles, en particulier pendant la période suivant son retour d'Union soviétique en juin 1962.

 

(c) La Commission n'a trouvé aucun élément prouvant qu'Oswald avait été engagé, persuadé ou encouragé par un quelconque gouvernement étranger d'assassiner le président Kennedy, ou qu'il était un agent d'un quelconque gouvernement étranger, bien que la Commission ait examiné les circonstances entourant le départ d'Oswald en Union soviétique, sa vie dans ce pays entre octobre 1959 et juin 1962 dans la mesure du possible, ses contacts connus avec le Fair Play for Cuba Committee et ses visites aux embassades cubaine et soviétique de la ville de Mexico pendant son voyage au Mexique du 26 septembre 1963 au 3 octobre 1963, et ses contacts connus avec l'ambassade soviétique aux États-Unis.

 

(d) La Commission a étudié toutes les tentatives d'Oswald de s'identifier à différents groupes politiques, notamment le Parti communiste des États-Unis, le Fair Play for Cuba Committee et le Parti socialiste des travailleurs, et n'a pas pu trouver un quelconque élément prouvant que les contacts qu'il développa étaient liés à la suite de l'assassinat du président par Oswald.

 

(e) Toutes les preuves rassemblées par la Commission montrent que rien ne vient supporter les spéculations selon lesquelles Oswald était un agent, un employé ou un informateur du FBI, de la CIA ou de toute autre agence gouvernementale. Elle a minutieusement enquêté sur les relations d'Oswald avant l'assassinat avec toutes les agences du gouvernement des États-Unis. Tous les contacts avec Oswald par ces agences ont été pris dans l'exercice habituel de leurs différentes responsabilités.

 

(f) Aucune relation directe ou indirecte entre Lee Harvey Oswald et Jack Ruby n'a été découverte par la Commission, qui n'a pas non plus été en mesure de trouver un quelconque élément prouvant que l'un connaissait l'autre, bien qu'une enquête minutieuse ait été effectuée en réponse aux nombreuses rumeurs et spéculations sur une telle relation.

 

(g) La Commission n'a trouvé aucun élément prouvant que Jack Ruby avait agi avec une autre personne dans le meurtre de Lee Harvey Oswald.

 

(h) Après une enquête minutieuse, la Commission n'a trouvé aucun élément tangible prouvant que Ruby et l'officier Tippit, abattu par Oswald, se connaissaient ou qu'Oswald et Tippit se connaissaient.

 

(...)

 

10 – Tout au long de son enquête, la Commission n'a trouvé aucune preuve d'une quelconque conspiration, subversion ou déloyauté au gouvernement des États-Unis de la part de l'officiel fédéral, étatique ou local.

 

 

11 – En se basant sur les preuves rassemblées par la Commission, celle-ci conclut qu'Oswald a agi seul (...).

  La Commission n'a pas pu déterminer avec certitude les motifs d'Oswald. Elle a fait tout son possible pour isoler les facteurs qui contribuèrent à son caractère et qui aurait pu influencer sa décision d'assassiner le président Kennedy. Ces facteurs étaient :

 

(a) Son profond ressentiment à l'égard de toute autorité hostile envers chaque société dans laquelle il avait vécu.

 

(b) Son incapacité à entretenir des relations sérieuses avec les individus, et une perpétuelle tendance à rejetter son environnement en en recherchant un nouveau.

 

(c) Son profond désir d'essayer de se trouver une place dans l'histoire (...).

 

(d) Sa capacité à faire usage de la violence comme le démontre sa tentative d'assassinat du général Walker.

 

(e) Son attachement déclaré au marxisme et au communisme, tel qu'il comprenait les termes et développait sa propre interprétation de ces derniers ; ceci s'exprimait par son hostilité à l'égard des États-Unis, par son départ en Union soviétique, par son échec à se réconcilier avec la vie aux États-Unis même après qu'il eut été déçu par l'Union soviétique, et par ses efforts, bien que vains, pour se rendre à Cuba.

 

Tous ces éléments contribuèrent à sa capacité à risquer le tout pour le tout à travers des actions cruelles et irresponsables. 

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Commentaires : 4
  • #1

    Pascal (samedi, 12 octobre 2013 19:08)

    La commission nommée par le Président travaille et remet son rapport au Président. C'est marrant que ce ne soit pas la justice qui se soit saisie de l'affaire. Comme pour le 11.9.

  • #2

    Marc Corriveau (samedi, 23 novembre 2013 16:27)

    Une enquête incomplète où par l'absence de preuve on en arrive à des conclusions.
    De toute façon, la grande majorité des américains ne croient plus au sérieux de cette commission.

  • #3

    Jamesdavisadams (vendredi, 28 février 2014 16:02)

    Lee Harvey Oswald n'est pas l'assassin présumé de Kennedy et la Commission Warren est blaclee de À à Z et sa se voit !!!

  • #4

    Simon (samedi, 03 décembre 2016 14:16)

    Le commission Warren à couvert les vrais assassins et eux mêmes. Au US le mensonge est plus que courant.