Photographie anthropométrique de David Ferrie.
Photographie anthropométrique de David Ferrie.

  Si l’implication d’Oswald dans la fusillade visant le président peut être discutée, il n’y a en revanche aucun doute quant à sa participation aux « réunions » des conspirateurs (contrairement à ce que veulent bien faire croire les personnes étant convaincues par le rapport Warren, très peu nombreux sont les spécialistes soutenant la théorie du complot qui le nient : Oswald n’avait pas les mains propres, bien au contraire).

 

  À seize ans, Oswald fit la connaissance d’un aviateur nommé David Ferrie. Outre ses talents de pilote, Ferrie était renommé pour son anticommunisme fervent. Le 25 novembre 1963, soit trois jours après l’assassinat de Kennedy et le jour même de son enterrement, Jim Garrison eut une discussion avec Ferrie à son bureau de La Nouvelle-Orléans pour avoir des informations sur le meurtrier présumé du président, à savoir Oswald. Le pilote affirma n’avoir jamais connu ou vu Oswald, contrairement aux renseignements qu’avait pu obtenir le procureur. C'est d'ailleurs ce qu'affirment certains défenseurs de la version officielle et qui, pourtant, refusèrent d'admettre l'évidence même après avoir vu cette photographie démontrant qu'Oswald et Ferrie se connaissaient bel et bien, et donc que Ferrie était un merveilleux menteur.


David Ferrie (extrême gauche) et Lee Harvey Oswald (extrême droite). Photographie de la New Orleans Civil Air Patrol prise en 1955.
David Ferrie (extrême gauche) et Lee Harvey Oswald (extrême droite). Photographie de la New Orleans Civil Air Patrol prise en 1955.

 

  Lorsque Garrison demanda à Ferrie où est-ce qu’il se trouvait le jour de l’assassinat de Kennedy, l’aviateur fournit un certain nombre de réponses qui mirent la puce à l'oreille de Garrison : par exemple, il affirma avoir fait le voyage de La Nouvelle-Orléans à Houston (390 kilomètres) pour aller faire du patin à glace. S'il se rendit bel et bien au club de patinage, il n'a en réalité jamais patiné : il resta entre six et sept heures dans une cabine téléphonique publique, ne laissant personne d'autre l'utiliser, et passa son temps à passer et recevoir des appels. Étant suspect quant à l'emploi de Ferrie, Garrison le remit au FBI qui le relâcha dans la journée. Puis le procureur se délaissa de l’affaire et n’ouvrit son enquête secrète (sous le nom de "The Smith Case", c'est-à-dire "L'Affaire Smith") que trois ans plus tard, après avoir été outré par les absurdités du rapport de la Commission Warren.

 

  Le 17 février 1967, alors que Garrison et ses associés travaillaient jusqu’à présent dans l’ombre, son investigation fut brutalement rendue publique par la journaliste Rosemary James travaillant au journal New Orleans States-Item, qui découvrit que le bureau du procureur avait depensé 8 000 dollars de fonds publics dans le cadre d'une enquête sur l'assassinat de JFK. Ferrie, terrifié à l’idée que son nom puisse être cité dans une enquête concernant l’assassinat de Kennedy, téléphona à Lou Ivon, l’assistant du procureur et cria : « Vous savez ce que ces articles signifient pour moi, n’est-ce pas ?! Je suis un homme mort ! À partir d’aujourd’hui, croyez-moi, je suis un homme mort ! ».

  Moins d’une semaine plus tard, le 22 février 1967, alors que Garrison s’apprêtait à l’arrêter pour conspiration contre le président des États-Unis, Ferrie fut retrouvé sans vie dans son appartement. Officiellement, la cause du décès était une rupture d’anévrisme, c'est-à-dire une rupture d'un vaisseau sanguin, autrement dit une mort naturelle.

  Or, plusieurs éléments permettent d'en douter :

 

  • On retrouva près du corps de l’ancien pilote une boîte de Proloid vide. Ce médicament est prescrit uniquement pour accroître le métabolisme. Problème : Ferrie avait tout sauf un métabolisme bas. Bien au contraire, il souffrait d'hypertension. Difficile dès lors de croire à une « mort naturelle » lorsqu’on sait que, si un homme souffrant d’hypertension avale tout un flacon de ces médicaments, il meurt très rapidement d’une hémorragie interne ou… d’une rupture d’anévrisme.

 

  • On retrouva près du corps de Ferrie deux lettres de suicide dactylographiées. On aurait dès lors tendance à penser qu'il se serait donner la mort par absorption massive de Proloid. Mais, dans ce cas, comment expliquer qu’un homme qui souhaite (officiellement) se suicider meurt finalement (officiellement) de causes naturelles ? Car, si l'on en croit la version officielle, cela voudrait dire que Ferrie avait l'intention de mettre fin à ses jours mais que, finalement, la mort serait venue tout naturellement à lui avant qu'il n'ait pu accomplir son souhait. Difficile à croire...

 

  • L'autopsie révéla de multiples contusions sur le corps de Ferrie.

 

  Comment est décédé David Ferrie ? La mort naturelle et le suicide étant peu probables, il ne reste donc plus qu’une solution : le meurtre. On peut tout à fait supposer, comme l'a plus tard fait Garrison (en octobre, soit six mois après la mort de Ferrie), que des hommes lui ont fait avaler de force le flacon de Proloid (d'où les nombreuses blessures présentes sur son corps), ceci impliquant que les lettres de suicide n’ont jamais été écrites par lui.

  Par ailleurs, est-ce un hasard si Eladio del Valle, un ami du pilote (ce que réfute d'ailleurs certains partisans de la version officielle), fut retrouvé littéralement décapité (une balle tirée à bout portant dans le cœur et la tête fendue en deux avec une hache) dans un parking seulement douze heures après la mort de Ferrie, et seulement trois jours après que l'équipe de Garrison ne se soit mise à sa recherche ?

 

  Cependant, il est évident que ce ne sont pas les arguments énoncés ci-dessus qui viennent prouver de manière incontestable sa participation au complot. Et, comme pour Clay Shaw, le procureur Jim Garrison ne parvint à réunir que trop peu d'éléments pour convaincre le jury de ce fait.

  Sa preuve la plus célèbre demeure le témoignage d'un certain Perry Russo, dont il est largement question sur la page suivante consacrée à Clay Shaw. Russo, pour faire bref (voir page suivante pour beaucoup plus d'informations à ce sujet), affirma avoir assisté en septembre 1963 à une réunion chez Ferrie avec, entre autres, des Cubains et Oswald. Les conversations y étaient très anti-Kennedy. D’après lui, Ferrie expliquait qu'il fallait assassiner Kennedy en faisant porter le chapeau à Castro, ce qui aurait été un très bon prétexte pour envahir Cuba (rappelons que Ferrie était un anticommuniste fervent, d’où sa volonté de renverser le gouvernement communiste de Castro). Puis, plus le temps passait, plus Ferrie s’emportait. Il était surexcité et criait sans cesse que c’était facile à faire, qu’il fallait juste trois personnes postées à trois endroits différents pour un tir croisé. Comme le rapporte Russo (dont le témoignage peut difficilement être remis en cause dans la mesure où, pour prouver à Garrison qu'il n'était pas un charlatan, il accepta d'être hypnotisé et également de se faire injecter un sérum de vérité : il ne changea jamais sa version des faits) :

 

"Il buvait du café, en engloutissait, buvait de la bière, fumait des cigarettes et il parlait de cette triangulation – il n'arrêtait pas d'utiliser ses mains avec l'index et le pouce montrant en quoi consistait la triangulation (...) Il dit de ne pas faire attention à ce qu'on avait pu lire dans les livres selon lesquels le Secret Service est censé accéléré (en cas de coup de feu), il dit qu'il ne le ferait pas. Ils seront tellement surpris, dit-il, qu'ils ralentiront. C'est ce qu'ils ont fait (...) Il dit qu'il fallait sacrifier quelqu'un." 

 

  De plus, Russo affirma que Ferrie lui avait dit un mois avant l'assassinat de Kennedy à propos du président : "Nous l'aurons, et ce ne sera pas long" et une autre fois : "Nous savons que nous pouvons avoir Kennedy si nous le voulons".

 

  D'autres témoins, parmi lesquels un certain Raymond Broshears, vont également dans le sens de l'implication de Ferrie dans l'assassinat de Kennedy. Citons Garrison :

 

"À jeun, Ferrie refusait d'évoquer son implication dans l'assassinat du président Kennedy. Il n'en allait pas de même quand il avait bu.

  D'après Broshears, Ferrie s'était rendu en voiture à Houston, Texas, l'après-midi du meurtre. Sa mission était d'attendre là-bas deux des assassins. Ces deux hommes devaient arriver de Dallas dans un petit monomoteur piloté par l'un d'entre eux, un dénommé Carlos que Ferrie connaissait bien.

  Ferrie respecta à la lettre ses consignes, se rendant notamment à la patinoire de Houston (ce qui correspond aux déclarations de Ferrie lorsque celui-ci avait fourni à Garrison son emploi du temps du 22 novembre 1963 (voir ci-dessus)) pour y attendre Carlos, mais celui-ci ne se montra pas. Il apprit plus tard qu'un changement de dernière minute avait été décidé en haut lieu.

  Ferrie ne révéla jamais à Broshears de qui il tenait ses ordres. Il assura connaître les deux hommes, deux Cubains qu'il avait rencontrés à La Nouvelle-Orléans. Il fit d'eux le portrait d'hommes persuadés que le président Kennedy les avait vendus au communisme."

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Commentaires : 10
  • #1

    Joris (samedi, 11 février 2012 18:19)

    Cette photo est en effet troublante ! Mais cela signifie-t-elle que David Ferrie et Lee Harvey Oswald furent aussi liés que les adeptes de la théories du complot le pensent ?
    Le fait que Ferrie cotoya Oswald à une période de sa vie ne prouve pas que les deux hommes furent amis et associés dans des "missions secrètes" !

  • #2

    Joris (samedi, 11 février 2012 18:25)

    L'assassinat du président reste un mystère ! Pourtant si les tenants de la théorie du tireur isolé, à savoir Oswald, se sont souvent contredits...les adeptes du complot se sont également adonnés à des suputations et à des théories parfois fumeuses...
    Mais pour en revenir à David Ferrie, les personnes qui le cotoyèrent s'accordèrent pour dire que ce dernier était un officier certes homosexuel, mais loyal, discipliné, aimable envers ses collègues...et un fervent catholique qui vota pour John Kennedy et fut enchanté par son élection !
    Bref, il n'avait pas grand chose à voir avec le "Dave Ferrie" incarné par Joe Pesci s

  • #3

    Joris (samedi, 11 février 2012 18:30)

    ...dans le film JFK !
    Personne ne prouva que Ferrie fut un "mercenaire" proche de la mafia ! les anticastristes qui le connurent traçent de lui, le portrait d'un bon catholique et d'un homme souhaitant les aider dans leur lutte contre le tyran Fidel Castro !

  • #4

    stan (jeudi, 29 août 2013 14:20)

    l assassinat de jfk est bien un complot les raisons sont multiples oswald est bien dans le coup mais les vrais tueurs sont dans la nature l arme utilise par oswald un marlincher carcano bas de gamme des armes de precisions n aurait jamais pu atteindre jfk

  • #5

    fox (vendredi, 22 novembre 2013 20:04)

    jim garrison dans son enquête à commis une erreur...protéger et sécuriser david ferrie ...

  • #6

    Joris (jeudi, 16 janvier 2014 11:26)

    Le manlincher carcano n'était certes pas un fusil dernier cri, mais ce n'était pas non plus une arme obsolète ! Elle pouvait à l'époque des faits encore faire mal !

  • #7

    Joris (jeudi, 16 janvier 2014 11:45)

    Aujourd'hui on parle souvent de cette fameuse photo où l'on voit David Ferrie avec Lee Harvey Oswald ! Il est possible que Ferrie ait cotoyé brièvement Oswald quand il servit dans la Civil Air Patrol...mais cela ne prouve pas que Ferrie ait été le complice d'Oswald ! Les deux hommes ne fréquentaient pas le même cercle d'amis...Ils n'avaient pas les mêmes relations et hobbies ! Ferrie était un homme pluôt bien intégré dans la société, tandis qu'Oswald était un marginal !

  • #8

    Richard (dimanche, 06 avril 2014 10:10)

    Une chose est sur Jim Garrison à perdu beaucoup de temps avec tous ces affabulateurs ! peut être mis exprès sur sa route pour le discréditer ! à méditer... pour moi c'est une fausse piste et du grand n'importe quoi!

  • #9

    CARCANO (samedi, 09 juillet 2016 19:51)

    Vous êtes tous idiots ou vous le faites exprès, ou bien alors cela vous amuses de remuer les rumeurs hideuses, insanes est des plus déplorables?
    Si vous n'avez pas encore compris -vu vos âges canoniques- que tous à des degrés moindres ont tous obéis à des ordres directes venant de supérieurs, qui eux-mêmes suivaient les ordres directes de leurs propres supérieurs hiérarchiques, c'est que vous êtes tous des crétins des plus infâmes!

    Enfin, cela ne veut rien dire s'ils ont se sont déjà croisés par le passé puisque tous, de près ou de loin, furent amenés à travailler ensemble pour le bien des missions ou des opérations si ce n'est pour leur pays respectif, BORDEL!

  • #10

    Joris (dimanche, 16 avril 2017 09:11)

    Il est au fait, absolument impossible que la CIA, le FBI, la mafia le vice-président Lyndon Johnson et la police de Dallas aient pu comploter ensemble afin d'éliminer John Kennedy ! Pour cela il aurait fallu qu'ils s'entendent bien...or J. E. Hoover détestait les membres de la CIA et ses derniers le lui rendaient bien, puis le FBI luttait sous la direction énergique de Bobby Kennedy contre la mafia ! Quand à Lyndon Johnson s'il avait comploté contre John Kennedy, une enquête aurait été ouvert et les républicains, ses ennemis politiques en auraient fait des gorges chaudes !